À Zurich tu l'ignores, j'ai vu ton regard bleu
Et l'espoir qui s'enfuit, amère jeune fille.
Auraient-ils pu être mon azur, tes grands yeux ?
Absente tu étais, vérité qu'on maquille,
Perdue dans les scories de la rue affairée
Tu m'apparus princesse, une brève seconde.
C'était non ta pâleur, et tes hardes trouées
Que j'avais remarquées, mais l'auréole blonde
Et l'extase effarée de ton sourire d'enfant.
Tu t'égarais, je crois, dans des rêves brumeux.
Où te conduisaient-ils ces songes sinueux
Que tu accompagnais d'un geste nonchalant ?
J'aurais voulu pour toi être un nouveau départ,
Ou m'enfuir avec toi quelque temps vénéneux,
Or, je ne sus pas même attirer ton regard,
Et tu as refermé pour toujours tes grands yeux.
En moi reste gravée, l’image qui se fane,
De l’amour d'un instant, mon bel ange diaphane.
Philippe Béhin-Stroud, in D’Ombre et de Lumières.


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