La nature est cruelle, et les naïfs sanglots
Déplorent son essence à la raison rétive,
Quand le moindre animal à la taille chétive
Trépasse, à peine né, en ce vivant tombeau.
Loin de tous les défis, dans son confort moderne,
L’homme civilisé, avec son esprit terne,
Étend même au sauvage sa mesquine beauté,
Vaine compassion qui n’est que lâcheté.
Se croyant thaumaturge, ou divin à ses heures,
Il s’octroie le pouvoir de créer un bonheur,
Omettant ou niant sa trop frêle apparence,
Comme la vanité de sa brève existence.
C’est par l’humilité que l’homme se grandit.
Sa finitude même est aveu d’infini.
Heureux celui qui sait se réjouir du glas,
Et couve un nourrisson avec des yeux béats.
Qui veut aimer la vie ne peut haïr sa fin ;
Il n’est de sombre nuit sans lumineux matin
Il n’est pas une aurore où le jour n’a chassé
La froide obscurité qui l’aura précédée.
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