L’anémone pulsatile :
Comme un présent charnel, parmi les graminées
Dont les tiges brunies sont encore couchées,
Elles s’offrent soudain et se lovent timides
Dans le vaste chaos, fait de pierres arides.
Des taches chamarrées constellent le plateau
Et la bise ne peut, par son effort dément,
Dissuader les fleurs de peindre obstinément
Au soleil cristallin, un merveilleux tableau.
Les corolles gainées des mauves anémones
En un vivant concert, de leurs gorges atones
Convient, subtilement, les premières abeilles
Au festin de nectar, aux agapes pareilles.
Si un bel escarpin parfait une cheville,
Un duvet de velours chausse les ténébreuses,
Mais l’appât envoûtant des tendres ombrageuses
Recèle le poison de la plus douce fille.
Philippe Béhin-Stroud



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