“Pour quelques Moutons de plus”. BD Thorn,
De passage à Lille avec mon épouse, il y a quelques mois de cela, nous découvrons par hasard une petite boutique (Croâfunding 1). Les livres dans la devanture de cette micro-librairie “pas comme les autres”, pour l’essentiel des BD, nous donnent l’envie d’entrer. Je ne suis pourtant pas un grand fan du genre, même si je ne les dédaigne pas à l’occasion. C’est d’ailleurs tout un pan de mon enfance, la BD. À l’époque, Tintin et Astérix, étaient des incontournables, et les univers d’Hergé et du tandem Uderzo-Goscinny ont marqué mon imaginaire. Il y a eu Alix aussi, Gaston Lagaffe et quelques autres. Des grands classiques, me direz-vous. Depuis ? Il m’arrive certes d’en compulser en librairie, par curiosité, mais j’avoue ne jamais plus avoir été tenté d’en acquérir (shame on me, alors à-demi pardonné ?). Mais ce beau jour d’octobre ensoleillé, je tombe sous le charme d’un petit ouvrage à la couverture dont le design sans doute volontairement un peu désuet attire mon attention.
Un loup. Depuis toujours, j’aime cet animal qui déchaine chez l’humain des sentiments ambivalents, et qui engendre des réactions excessives allant allègrement de l’amour à la haine, mais qui ne laisse pas indifférent. Et puis, une référence peut-être au western selon Clint. Et pour quelques...(?).. de plus ? Dollars ? Non, “Pour quelques Moutons de plus”.
Le petit album signé Thorn, un nom dont j’ignore tout, me happe immédiatement. Dès les premières pages, l’illustratrice nous emmène dans un monde où ogre et loup se côtoient. Un énième livre de contes ? Pas du tout, une pépite d’humour décalé. Car l’animal sanguinaire du Petit Chaperon rouge laisse sa place à un petit loup malchanceux mais attachant, pas très dégourdi, qui a pour compagnon un ogre dont les oripeaux auraient fait un malheur à la fin du XVII ème siècle. Tout droit sorti d’un texte de Perrot, ce gras philosophe de l’absurde conseille avec bonhommie notre infortuné chasseur de mouton éternellement bredouille qui fait honte à ses congénères, pour notre plus grand bonheur.
L’image, les textes, les couleurs, tout respire un parfum de fraîcheur. À la fois classique et contemporain ce petit album autoédité (via Exemplaire, structure éditoriale alternative) promet un moment savoureux grâce à son humour décalé et à ses multiples références.
Nous ressortons de la boutique (non sans avoir passé un moment agréable et enrichissant à discuter avec le vendeur) avec le petit ouvrage qui ne me quitte guère depuis.
Un ouvrage à découvrir et à conserver auprès de soi, pour les jours “sans”, comme un remède contre la morosité, et pour les jours avec, juste pour le plaisir.
Un deuxième opus est programmé en cours de financement participatif ².
1 CROÂfunding, librairie située 90, rue Pierre Mauroy à Lille, est un micro-librairie consacrée exclusivement à l’autoédition (de livres illustrés et de BD pour l’essentiel). Tous les ouvrages proposés sont donc édités et distribués “en circuit court”. Dossierdepresse web croafunding.pdf


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